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Tribune des militaires, l’uniforme à l’épreuve du débat public.

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Tribune des militaires, l’uniforme à l’épreuve du débat public.

Deux tribunes de militaires s’invitent dans le débat public sur la sécurité intérieure.

La première tribune publiée initialement sur le site « Places d’armes » le 14 Avril 2021, a été reprise une semaine plus tard sur le site Valeurs Actuelles (VA). C’est cette reparution qui lui a donnée une audience nouvelle et un écho particulier, amenant la classe politique a réagir, entre soutien et condamnation.

Cette tribune évoque la situation du pays sous le prisme de la sécurité intérieure, domaine habituellement en dehors du champs de compétence des armées mais qui s’est trouvé progressivement couvert par la notion de « sécurité nationale » tel que définie par l’article L.1111-1 du code de la défense. Les auteurs, déclarant agir pour le salut du pays, dénoncent le « délitement qui frappe notre patrie » évoquant clairement le risque d’une « guerre civile » et d’une « intervention de nos camarades d’active (…) sur le territoire national ».

Ce texte, perçu par les uns comme un cri d’alerte ou par d’autres comme un appel à l’insurrection, révèle plusieurs points qui posent de légitimes questions.

En premier lieu, les signataires mettent en avant leur statut d’anciens militaires.

Souhait de donner crédit à leur analyse ou simple nostalgie d’un temps passé toujours est-il que, faisant fi du devoir de réserve inhérent à leur statut, leur prise de parole publique n’est pas faite en qualité de citoyens mais bien en tant que militaires, implicitement ès-qualité de représentant des camarades d’actives, par ailleurs invités à soutenir le texte.

La tribune évoque un soutien politique conditionné : « nous sommes disposés à soutenir les politiques qui prendront en considération la sauvegarde de la nation ». Des militaires, s’exprimant en tant que tel, qui proposent de soutenir un parti est une atteinte au « loyalisme et à la neutralité » prévue dans le statut général des militaires. Quel forme prendra le soutien? S’agit-il de l’engagement à titre individuel des signataires ou d’un futur appel à voter pour un candidat particulier?

Enfin, il est évoqué une possible intervention militaire sur le territoire national : « le laxisme continuera à se répandre  inexorablement dans la société, provoquant, au final une explosion et  l'intervention de nos camarades d'active dans une mission périlleuse de  protection de nos valeurs civilisationnelles et de sauvegarde de nos compatriotes sur le territoire national. » sans en préciser le contexte juridique., laissant dès lors libre cours à toutes les interprétations.

Rédigé par un ancien officier de Gendarmerie, ce texte a été initialement signé par une vingtaine de généraux, dont de nombreux en deuxième section (2S). Un focus sur la 2ème section des officiers généraux semble nécessaire :

Les officiers généraux placés en deuxième section perçoivent une solde de réserve, dont le montant est équivalent à celui de la pension de retraite mais qui est fiscalement considérée comme un revenu d’activité, ce qui permet de bénéficier de la déduction de 10% pour frais professionnels dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Pour des raisons analogues, ils conservent le bénéfice des avantages tarifaires accordées aux militaires en activité pour leurs déplacements en train. Sur plus de 5400 officiers généraux de la deuxième section, moins d’une centaine sont rappelés chaque année. Au vu de l’augmentation du nombre de généraux en première section dans les armées ne faudrait-il pas supprimer cette deuxième section et repousser de 2 ans la limite d’âge des généraux?

La question de l’intérêt du maintien de la 2S semble légitime dans la cadre de la future reforme des retraites. Cela ne permettrait-il pas de clarifier les droits et devoirs de chacun en terme de liberté d’expression?

GendXXI ouvre le débat.

La seconde tribune, si elle est plus prudente sur la forme, reste très proche sur le fond. Cette deuxième lettre est portée par des « militaires » qui ont cherché à légitimer un premier texte maladroit et sujet à interprétation « parce que nous sommes apolitiques dans nos appréciations de situation, c’est un constat professionnel que nous livrons ». Arguant de la lâcheté des gouvernants car « pour ergoter sur la forme de la tribune de nos aînés au lieu de reconnaître l’évidence de leurs constats, il faut être bien lâche », ils n’ont cependant pas le courage d’apposer leur grade et noms en pied de leur tribune.

Ces deux textes ont donc en commun l’annonce d’une guerre civile à venir et la place incontournable des armées tant dans le soutien politique nécessaire à la désignation de celui ou celle qui répondra à cet enjeux que dans l’engagement des forces lorsque le moment sera venu.

Les deux textes appellent à agir, sans toutefois esquisser le début d’un acte attendu. Dès lors, quelle « action » trouve grâce aux yeux des rédacteurs d’une telle injonction? La réponse leur appartient.

Qui sont les militaires à l’origine de ces tribunes?

Une tribune a un sens et un objectif. Connaître son auteur, et les gens qui portent le texte, peut aider à comprendre son origine et donc son but.

L’auteur, Jean-Pierre FABRE - BERNADAC, est un ancien officier de Gendarmerie.

Mis en cause pour manquement au devoir de réserve dans le cadre d’une procédure judiciaire, il quitte l’institution. Il prendra ultérieurement la tête du Département Protection Sécurité (DPS) du Front National (FN).

Le premier signataire est Christian PIQUEMAL, rayé des cadres en 2016, il est réputé pour son engagement politique, dernièrement auprès du conseil national de la résistance européenne (CNRE). Mais nous pouvons également trouver Emmanuel de Richoufftz, candidat aux municipales dans une liste soutenue par le Rassemblement National, François Gaubert, élu RN au Conseil régional d’Occitanie et de nombreux autres signataires en lien avec des partis ou des mouvement d’extrême droite.

Dès lors, la nature du texte portée par la proximité idéologique des signataires en fait d’abord et avant tout une tribune politique par des citoyens engagés politiquement et, accessoirement, anciens militaires. La récupération, rapide et sans ambage, par la présidente du Rassemblement National n’a fait que renforcer l’écho politicien de cette tribune.

État des lieux de la liberté d’expression au sein des armées.

Chacun est libre de penser, chacun est libre d’exprimer son opinion. Les militaires ne font pas exception. Néanmoins, l’état militaire est une chose qui implique certaines responsabilités et certaines limites.

Les généraux en deuxième section, et plus largement la communauté militaire, sont légitimes dans leur engagement politique. Ils ont, pour certains, déjà participé activement et en toute indépendance au débat démocratique de notre pays. Citons à titre d’exemple l’implication du Général SOUBELET auprès du parti « Objectif France », qui s’est toujours exprimé certes en qualité d’ancien militaire mais d’abord comme vice-président du mouvement.

Suite à la publication de son livre « Tout ce qu’il ne faut pas dire » GendXXI avait proposé la création d’une commission qui permettrait des évolutions encadrées du devoir de réserve des militaires. Nous reviendrons sur le sujet pour la présidentielle de 2022.

https://www.gendxxi.org/articles/46187-liberte-dexpression-gendxxi-demande-la-creation-dune-commission

La deuxième tribune pêche par la mise en avant exclusivement du caractère militaire des signataires et l’association implicite de l’ensemble de la communauté militaire, appuyée par une seconde tribune anonyme d’actifs avec un arrière goût de marche pied pour des partis politiques. Par leur action, ces officiers supérieurs ont politisé les armées et ont engagé l’ensemble des personnels militaires sur la base d’une tribune qui ne saurait représenter leur opinion.

Chaque militaire aura, individuellement, à remplir son rôle de citoyen lorsqu’il sera appelé aux urnes. Chaque militaire pourra s’engager politiquement dès lors qu’il aura rompu les liens avec l’Armée, des liens statutaires car les liens de l’âme, eux, sont immuables.

Pour l’expression des militaires, enfin, les Armées disposent depuis 2015 de la possibilité de former des associations professionnelles. Une loi permet aux militaires de s’exprimer, en dehors de toute hiérarchie, sur de nombreux sujets dans les médias. Défendre la condition militaire, parler librement à la représentation nationale, parler librement aux citoyens pour renforcer le lien Nation- Armées. Voilà le rôle qui doit être le nôtre.

L’exemple de cette tribune démontre l’intérêt d’avoir des associations représentatives en mesure de porter la parole des militaires, sans que celle-ci soit confisquée par des généraux qui ne représentent, trop souvent, qu’eux mêmes.

GendXXI est profondément attachée à la liberté d’expression des militaires. Le 18 mars 2017 nous avions interrogé les candidats à la présidentielle de 2017 sur leur programme et leurs projets. Nous avions notamment abordé la question de la liberté d’expression des militaires. Chacun pourra juger des réponses.

https://www.gendxxi.org/articles/46252-presidentielle-2017-reponses-des-candidats

La liberté d’expression des militaires est utile et nécessaire. Elle n’est pas incompatible avec notre statut. Les APNM (Association Professionnelle Nationale de Militaires) nous donnent des prérogatives, des libertés, de nouveaux droits et devoirs. Nous invitons ceux qui veulent s’exprimer à le faire avec nous.

Découvrez davantage d'articles sur ces thèmes :
Condition militaire Retraite Solde MINDEF
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