Spécialité restauration : cercles en danger

ecusson-restauration-collectiveNapoléon disait « le soldat combat parfois, marche souvent, mais mange tous les jours ».

Devant les grands défis que nous impose l’opérationnel et le devenir de l’institution, la place du soutien est encore et toujours prépondérante à la bonne marche de nos missions.

La spécialité restauration est en souffrance. Son évolution est indispensable.

La formation des jeunes BES (brevet élémentaire de spécialité) est clairement insuffisante au vue de la qualification initiale des personnels qui souhaitent devenir gérants d’activités (aucune connaissance en cuisine). Alors même que certains d’entre eux seront amenés à occuper un poste de directeur d’organisme à très court terme.

Cette situation résulte d’une politique RH inadaptée qui créé des trous à l’emploi. Le résultat est une défection inévitable des personnels qui se sentent découragés et abandonnés. En effet, beaucoup manquent d’accompagnement. Laissés à leur triste sort ils préfèrent quitter l’institution.

Ce constat remonte du terrain. Une profonde remise en cause en matière de maîtrise des compétences s’impose. Il apparaît nécessaire de revoir les composantes cuisine, comptabilité, analyse budgétaire, gestion humaine ainsi que management. Cette dernière prend par ailleurs une grande place dans les missions attenantes au poste de direction de cercle.

GendXXI souhaite une augmentation de la durée totale de la formation ainsi qu’une revalorisation du REO postes restauration (référentiel en organisation). En effet les 7 à 10 cycles proposés par an ne permettent plus de fournir la ressource nécessaire en personnes qualifiées. A ce jour, le ratio en sortie de stage est de 7 postes honorés pour 20 vacants.

Pour GendXXI, cet effort est indispensable afin de préparer nos jeunes sous-officiers aux tâches et responsabilités qui les attendent sur le terrain. Il se justifie pleinement pour aboutir à une situation pérenne. La bonne marche de nos organismes de restauration en dépend.

Certaines pistes étudiées évoquent la mise en place d’une formation à distance type e-learning. Elle n’a pas sa place ici. Une sauce se goûte, un plat se réchauffe, une formation comptable se juge sur l’instant, un management s’adapte à l’individu. L’apprentissage des métiers de la restauration ne peut se faire qu’en situation réelle ou au sein d’une école de formation telle que Querqueville (50).

La politique de recrutement doit évoluer afin de permettre au plus grand nombre d’accéder à ces métiers. En effet, les exigences actuelles pour présenter la formation réduisent les possibilités et au final ne couvrent que partiellement les compétences requises. Elles ne se justifient pas et sont contre productives. Combler les trous à l’emploi est une priorité. La possibilité d’élargir ces formations aux Gendarmes mobiles doit sérieusement être étudiée. Il ne faut plus gérer cette spécialité avec les yeux d’un RH mais avec ceux d’un spécialiste restauration collective.

Sans réaction forte et immédiate, nous assisterons à la perte de postes militaires au profit de civils (ce qui a déjà commencé). La disponibilité des personnels militaires est indispensable pour une bonne ouverture des cercles mixtes. Ces derniers doivent rester au service des personnels et des unités de gendarmerie, ce qui implique une grande amplitude horaire.

L’enjeu à court terme est la fermeture d’un grand nombre de nos cercles et l’avenir de la spécialité toute entière.