Retraite des militaires : Du flou et des loups.

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Contrairement à ce que beaucoup voudraient faire croire les militaires, et donc les gendarmes, seront bien touchés par la future réforme des retraites.

Les discours officiels des ministres des armées ou de l’intérieur se veulent tous rassurant.
Pour autant GendXXI n’a pas été convaincue par la présentation du système de retraite universel du Premier Ministre le 11 décembre 2019.

Le faible volume de primes en Gendarmerie :

Les personnels de la Gendarmerie disposent de primes qui ne sont pas intégrées dans le calcul de la retraite. Néanmoins, eu égard aux dispositifs existant dans la police nationale ou dans les armées, notre institution fait office de parent pauvre…

En effet, dans la police nationale, les fonctionnaires actifs sont susceptibles de se faire payer les heures supplémentaires, les astreintes, de jours C.E.T, dispositifs qui n’existent pas au sein de la Gendarmerie nationale. Ces éléments de rémunération, certes annexes, constituent néanmoins des revenus pouvant être soumis à l’assiette de calcul des points.

La fin de l’indice des 6 derniers mois aura un impact très fort sur le montant des pensions. Les parcours de carrières des militaires, avec les passages de grades successifs, révèlent des différences de traitement particulièrement forte entre le début et la fin de carrière.
La situation est d’autant plus inquiétante que les petits salaires de notre institution seront les plus touchés.

Les négociations de dernière minute des syndicats de police avec des airs de chantage au maintien de l’ordre, ont également amené leur lot d’incertitudes sur le principe d’équité tel qu’il est défendu par le gouvernement.
Si les syndicats de police ont été reçu au ministère de l’intérieur le Groupe de Liaison (GL) du CFMG reste lui bel et bien sur la touche malgré ses nombreuses demandes de réception.

Les bonifications des militaires sont en danger?

Après la lecture et l’analyse de la présentation du 1er Ministre GendXXI comprend le silence assourdissant de la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale (DGGN) sur ce sujet particulièrement sensible.

Si la présentation évoque la bonification du 1/5ème (reprise en bonification de points) les bonifications de campagnes pour les opérations extérieurs et les missions outre-mer semblent avoir été occultés.
Qui voudrait faire croire qu’il est banal :
De travailler en pleine guerre sur le sol Afghan.
D’affronter quotidiennement les attaques terroristes, parfois en payant le prix fort, au cœur du Sahel.
De risquer sa vie au cœur de la forêt Guyanaise en luttant contre l’orpaillage illégal.

Face aux nombreuses questions le ministère des armées a fait une récente « levé de doute » devant des membres du CSFM (Conseil Supérieur de la Fonction Militaire). Les bonifications devraient être sauvegardées.
Toutes? Aucun courrier ne le confirme.
Si le syndicat de police peuvent obtenir des garanties écrites les gendarmes doivent recevoir les même garanties sur l’avenir de leur retraites. La DGGN et les ministres doivent rapidement sortir de leur silence.

La gendarmerie ne doit pas sacrifier la retraite de ses jeunes.
La gendarmerie ne doit pas sacrifier la retraite de ses membres les moins bien payés pour préserver les autres.
La retraite des militaires constitue la juste récompense d’années de sacrifice au service de la nation.

GendXXI continuera à veiller sur les intérêts des militaires en matière de retraite et sera porteur de messages aux autorités dans un esprit d’équité, de respect de nos valeurs et de notre engagement au quotidien.

Si le statut militaire est un honneur il ne doit pas être une charge.
La crise de 2001 a commencé car les gendarmes avaient l’impression d’être les oubliés de la réforme des « 35 heures ».
GendXXI demande au gouvernement de ne pas reproduire les erreurs du passé.
Donner des garanties écrites aux gendarmes est indispensable.

Nous n’avons pas de syndicats mais les militaires peuvent faire entendre leur voix, encore une fois.
Etre militaire ce n’est plus juste se taire.