QUAND L’EXPRESSION DEVIENT NÉCESSAIRE.

Suite au mécontentement des policiers, les principaux syndicats de la police nationale, ont été reçus et entendus par le ministre de l’Intérieur..

Qu’en est-il des militaires ?

Le devoir de réserve fait partie de notre ADN. Il ne nous permet pas d’intervenir aussi facilement que nos collègues policiers.
Les dirigeants de GendXXI n’ont pas de temps dédié.
Toutes nos actions sont faites sur notre temps libre.
Comme pour tous les gendarmes, nos amplitudes horaires, depuis plusieurs semaines, rendent difficiles la communication.

Pour autant, il semble important d’insister sur quelques points :

Depuis le premier acte des « gilets jaunes » l’investissement des gendarmes est tout simplement énorme.
Tous les personnels de la gendarmerie ont répondu présent, sans rechigner, aux ordres de mobilisation du DGGN.
Une mobilisation exceptionnelle, que seule la gendarmerie a été capable de réaliser.
La capacité de montée en puissance de la gendarmerie est indéniable. Elle n’a pas été gênée par l’application de l’instruction provisoire 36132.

Le gendarme est un militaire, qui assume pleinement son engagement au quotidien. Notre professionnalisme est reconnu par la classe politique dans son ensemble. Mais cela est-il suffisant ?

Clairement non ! La situation actuelle n’est pas tenable et pourtant, notre hiérarchie comme la concertation est bien silencieuse.
Les syndicats sont reçus. Et la gendarmerie ? Absente des débats et des médias tout simplement.
Et pourtant, nous avons encore perdu deux camarades cette semaine.

La dissolution de 15 EGM a été une erreur majeure et les évènements récents (NDDL, forte tension en Outre-mer, Gilets Jaunes) démontrent à la fois le savoir-faire de la gendarmerie et les besoins croissants de la France.
Un effort sur les effectifs de la GM et sur le matériel est indispensable. Les VBRG ont été si utiles que les grandes métropoles l’ont toutes demandé. Et pourtant, ils sont dans un état de délabrement largement avancé.
Le maintien en condition des personnels et du matériel est fortement compromis par le taux d’emploi très élevé.
Rappelons que le projet du gouvernement est de ventiler les nouveaux effectifs des forces de l’ordre de 7500 pour les policiers et 2500 pour la Gendarmerie. Une répartition des effectifs de plus en plus inacceptable.

Les gendarmes départementaux sont à « bout ». Coincés chaque jour entre les gilets jaunes et leurs opposants, accumulant les procédures, reportant régulièrement les opérations judiciaires.
L’annulation des repos et l’accumulation des heures de travail augmentent les risques psychosociaux, aggravent le risque d’erreur et de fautes.

Présente sur 95% du territoire, la gendarmerie œuvre au quotidien pour protéger les Français et dans des conditions toujours plus difficiles. Le parc automobile est de plus en plus vétuste, les frais de maintien en condition du casernement représentent 30% des besoins réels, le budget de réhabilitation est insuffisant.

Le protocole d’avril 2016 ne s’appliquera pas au CSTAGN comme prévu. Ils ne seront pas reconnus comme de véritable catégorie B. C’est juste inadmissible vu l’engagement quotidien de nos corps de soutien.

Un nouvel accord vient d’être signé entre des syndicats de police et le ministère de l’Intérieur. La gendarmerie et le gouvernement doivent désormais démontrer que la parité globale entre les forces de police du ministère de l’intérieur n’est pas morte.

Malgré sa bonne volonté le CFMG (Conseil de la Fonction Militaire Gendarmerie) n’est pas indépendant. Ses membres ne peuvent pas demander des prises de paroles publiques. Ils ne peuvent pas intervenir sans aval de la DGGN.
Parler pour ne dire que ce que la DGGN vous autorise à dire revient à faire le travail de la porte-parole.

Il nous faut porter les messages du terrain aux plus hautes instances de la République. Les attentes des militaires et leurs besoins doivent faire l’objet d’une prise de conscience rapide et proportionnée.
GendXXI portera le message à nos dirigeants. Le dialogue est nécessaire et il doit se faire rapidement.

Il arrive un temps, ou revendiquer n’est plus un droit mais une nécessité.

La porte du ministre de l’intérieur ne s’ouvrira systématiquement que pour une APNM représentative aussi GendXXI à besoin de vous : https://www.gendxxi.org/adhesions/