Mesures contre le terrorisme – GendXXI a des réserves

Réserve militaireLes gendarmes d’active sont toujours heureux de pouvoir compter sur le renfort temporaire de leurs camarades de réserve. Que ce soit à l’occasion de la tenue de meetings, de festivals, de renforts en zone d’affluence saisonnière ou encore dernièrement sur le tour de France cycliste, la réserve opérationnelle constitue un vivier précieux de bonnes volontés, de citoyens engagés.

Cependant, toute cette bonne volonté d’Hommes et de Femmes aux compétences diverses ne peut à elle seule combler les déficits en effectifs que nous connaissons. D’autant plus lorsqu’il s’agit de lutte contre le terrorisme.

GendXXI apprécie nos amis réservistes dont l’utilité, l’engagement et le professionnalisme ne sont plus à démontrer. Néanmoins, en prenant à la hâte la décision de porter leur contingent de 28.000 à 40.000, l’exécutif a clairement fait le choix d’attaquer un feu de forêt avec un extincteur.

Une politique de lutte réellement efficace ne passe pas par des effets d’annonces ou des mesurettes, ces derniers démontrent au contraire une réaction immédiate prise sous l’émotion. Ce qui nous manque à l’heure actuelle c’est une capacité d’anticipation et un arsenal judiciaire adaptés aux enjeux de défense nationale.

La situation du renseignement et des forces de l’ordre n’a eu de cesse de se dégrader au cours de la dernière décennie. Certains tenterons de se défendre en avançant des récentes créations de postes, 8.500 environ, pour plus de 12.500 détruits. Au final, ce sont bien 4.000 policiers et gendarmes qui manquent à notre pays. Combler ces « trous à l’emploi » par des réservistes est utopique. Un réserviste ne peut et ne pourra jamais remplacer un militaire d’active. Tout simplement parce qu’il n’a pas vocation à pérenniser son action et que bien souvent il est cantonné à une mission de surveillance générale. Il ne peut, au mieux, que soulager temporairement nos brigades qui vivent à flux tendu.

Au delà de la menace terroriste, le travail quotidien au sein des unités se durcit. Les personnels sont épuisés de devoir toujours faire plus avec moins de moyens logistiques et humains. Ne nous y trompons pas, en dix ans la qualité du service rendu à la population s’est appauvri, de même que la proximité.

Baisser le niveau des exigences de recrutement pour injecter dans les unités des réservistes payés à la journée, formés en un temps record par des personnels d’active (pris dans les unités déjà en surchauffe) est un coup d’épée dans l’eau coûteux et chronophage. La cadence imposée va nécessiter de mobiliser nos brigadiers sur les enquêtes de moralité et la formation des recrues au détriment de leur missions courantes.

GendXXI sait à quelle point notre réserve est précieuse. Cependant les mesures annoncées ne sont en rien une avancée face à la menace qui pèse sur nous. Ce ne sont que des artifices.

GendXXI regrette que les budgets alloués à la défense de notre territoire et les décisions prises pour la sécurité de nos concitoyens soient trop souvent des décisions médiatiques et non stratégiques.