Mayotte – Durcissement de la contestation et renforcement de la présence des forces de gendarmerie

Depuis environ trois semaines la population mahoraise manifeste contre l’insécurité croissante qui gangrène l’île, notamment aux abords des établissements scolaires, mais aussi contre la forte immigration provenant des Comores, dont celle issue de l’île d’Anjouan située à quelques 70 Kms de ses côtes.

Des barrages routiers,tenus par la population, se mettent en place régulièrement aux endroits stratégiques de l’île bloquant une grande partie de l’économie. Ce lundi, jour de rentrée scolaire sur l’île, un renforcement du mouvement est envisagé. Le port de Longoni (Nord) pourrait être bloqué ce qui pourrait provoquer, à court terme, une pénurie alimentaire. Un encerclement de Mamoudzou est également envisagé par la partie dure des syndicats.

Nos forces gendarmerie sont mises à contribution avec l’envoi d’une partie d’un escadron de gendarmes mobiles, soit 80 personnels, qui était stationné sur l’île de la Réunion. Des renforts de gendarmes mobiles viennent également d’arriver sur place en provenance de Guadeloupe après une escale sur l’île de la Réunion. La tension est croissante pour nos camarades.

Récemment nos gendarmes ont libéré l’accès de Koungou appuyés par l’hélicoptère de la Section aérienne; les affrontements sont réguliers au niveau des barrages qui sont tenus par des jeunes et des débordements sont constants.

Aux 234 gendarmes permanents sur l’île et 156 autres mobiles qui sont actuellement présents sur place pourrait venir s’ajouter un renforcement de gendarmes pour cet été 2018. L’idée d’une Brigade de prévention de la délinquance juvénile a également été envisagée dans l’approche de mineurs délinquants. Ils travailleront en partenariat avec le vice-rectorat, la Prévention Judiciaire de la Jeunesse, Le Centre hospitalier et le parquet. Elle devrait être opérationnelle le 1er août 2018.

Pour dernière information notre Ministre de l’Outre-mer pourrait se déplacer sur l’île la semaine prochaine pour apaiser les tensions.

Joël HAVEZ, délégué GendXXI outremer