La montée en puissance : une capacité unique de la gendarmerie

Samedi 8 décembre 2018, la France a connu un nouvel épisode de forte mobilisation populaire.

Les Gilets Jaunes, mouvement spontané et citoyen, ont de nouveau manifesté sur l’ensemble du territoire et particulièrement à Paris. Cette journée, placée sous haute tension, a conduit la Gendarmerie Nationale à repenser son dispositif alors même qu’elle était fortement engagée depuis plusieurs semaines.

En effet depuis le 17 novembre 2018, date du début du mouvement, diverses manifestations ont été organisées réunissant plusieurs centaines de milliers de personnes. De semaine en semaine, le mouvement s’est radicalisé laissant éclater une colère violente.

La Gendarmerie Nationale couvrant 95% du territoire était régulièrement sollicité pour sécuriser les points de blocage et pour assurer le maintien de l’ordre.

La gendarmerie mobile et départementale ont également renforcé, dans l’ensemble des départements de métropole, les services de la Police Nationale autour, notamment, des préfectures.

Le 24 novembre 76 gendarmes étaient blessés. Le 1er décembre, avec la mobilisation exceptionnelle de 37.000 personnels, de nouveaux militaires sont touchés, portant le nombre total des victimes à 115.

L’acte IV des Gilets Jaunes risquait donc d’être un nouveau palier dans l’escalade de la violence faisant plus de victime tant au sein des forces de l’ordre que des manifestants. La Gendarmerie Nationale devait adapter son dispositif pour répondre efficacement à l’enjeu de sécurité publique que représentait cette nouvelle manifestation.

Sur les 89.000 membres des forces de l’ordre déployés dans toute la France, la Gendarmerie a ainsi mobilisé près de 65000 militaires dont 106 Escadrons de Gendarmerie Mobile (EGM). Pour la première fois, 12 blindés (VBRG) viendront appuyer les 37 EGM œuvrant au sein de la capitale. Ces moyens humains -Policiers et Gendarmes- et matériels ont permis d’adopter une doctrine plus dynamique et réactive afin d’empêcher la construction de barricade ou de laisser des groupes violents agir. En province, c’est près de 1600 actions qui ont été organisées en zone gendarmerie (ZGN), 5000 personnes ont été contrôlées pour 274 interpellations.

29 gendarmes ont été blessés au cours du week-end. Depuis le 17 novembre c’est 287 militaires qui ont été blessés dans l’exercice de leur mission. Les gendarmes départementaux sont particulièrement touchés, ces derniers représentant 60% des blessés.

Cette capacité à mobiliser, à monter en puissance, à répondre par des mesures rapides à un événement exceptionnel malgré la disponibilité permanente des semaines précédentes est rendue possible par l’engagement sans faille des militaires de la gendarmerie nationale, force de police à statut militaire. GENDXXI souhaite sincèrement féliciter les personnels engagés pour leur sang-froid et leur professionnalisme, pour leur disponibilité et leur réactivité. Nous souhaitons à toutes celles et ceux qui ont été blessés un prompt rétablissement.

Viendra également le temps de la récupération, et de faire le bilan de ces épisodes. GENDXXI n’oublie pas la déflation subie en 2010-2011 ayant amené à la disparition de 15 escadrons de gendarmerie mobile et ses conséquences sur le régime d’emploi des EGM. Nous n’avons, lors de nos entretiens dans le cadre du PLF 2019, eu cesse de souligner la faiblesse des effectifs accordés à la Gendarmerie Nationale, du manque de moyens concernant les matériels tels que les VBRG.

Nous restons déterminés à porter la parole des militaires de la Gendarmerie nationale qui nous font confiance pour que leur engagement soit reconnu et que l’institution puisse bénéficier de moyens adaptés.