Dissolution d’unité, un accompagnement encore trop défaillant

Depuis ces dix dernières années pas moins de 500 unités de Gendarmerie ont définitivement fermé leurs portes mettant ainsi les militaires concernés devant des choix difficiles (emploi du conjoint, perspective de carrière, vie sociale, école).

Chacun peut y voir l’opportunité d’une mutation espérée de longue date ou la contrainte de quitter un environnement auquel on était attaché. Mais le militaire n’est pas seul, sa famille aussi doit accepter cette mobilité imposée.

Les discours de la hiérarchie locale se veulent optimistes et bienveillants, laissant parfois miroiter de belles affectations et même des unités spécialisées. En réalité le choc RH est bien là car n’en déplaise les Commandants de Compagnie et les Commandants de Groupement n’ont qu’une idée en tête : conserver l’effectif sur leur assiette territoriale.

On entend a tous les niveaux « les brigades dissoutes sont prioritaires ». C’est tristement faux, elles sont incluses dans le turn-over mais sont parfois servies en dernier. Lorsque le militaire a la chance d’obtenir un poste hors région c’est bien souvent pour combler une unité défavorisée.

C’est d’autant plus vrai lors qu’après de nombreuses années de tergiversations stressantes et démotivantes (on n’entreprend, n’entretient ou ne rénove pas dans une unité vouée à la fermeture), l’arrêté de dissolution arrive enfin, au moment même où les travaux RH de l’année en cours se terminent. Pensez-vous réellement que tout sera refait juste pour vous, unité dissoute ?

Alors vient le temps de la résignation et le moment redouté du départ contraint. Changement de vie, de collègues, de travail pour le conjoint et d’école pour les enfants.

Au titre de la perte de revenus du conjoint, le décret n° 2008-366 du 17 avril 2008 institue une allocation d’aide à la mobilité. Cet effort consenti par l’État reconnaît le caractère obligatoire et non désiré de la mutation, ainsi que l’impact qu’elle peut avoir sur les finances d’un ménage. Bonne idée à la base !

Mais la famille concernée a t’elle besoin de cette aide financière immédiatement après la mutation ou plus d’un an après ? La réponse et bien évidement immédiatement : dès que la perte de revenus se fait ressentir.

Une fois de plus la réalité est toute autre. En effet, avant de percevoir l’aide en question le militaire doit attendre la parution au journal officiel de « arrêté listant les opérations de restructuration des unités de gendarmerie nationale ouvrant droit à certaines indemnités de restructuration au profit des militaires » dont la dernière publication remonte au 21 septembre 2016 et ne concerne que les unités dissoutes avant juin 2016. Pour les personnels mutés en juillet 2016 il faut donc attendre un an … avec cette précision que le militaire n’a justement qu’un an pour constituer son dossier, lequel doit impérativement comporter le dit-arrêté.

GendXXI, régulièrement sollicité par ses adhérents et ses sympathisants sur cette problématique, sait que les restructurations sont inévitables (pas forcément souhaitables), mais demande expressément et avec urgence que les propos rassurants de la hiérarchie se traduisent dans les faits par une approche pragmatique et profondément humaine de la situation des familles concernées.