Commandés par des gendarmes venus d’ailleurs

C’est encore au stade de la réflexion, mais la DGGN pense à combler les postes vacants dans les brigades dites « défavorisées » en faisant appel aux militaires d’autres Armées.

Le constat

Qu’ils soient vacants en raison de l’emplacement géographique, de l’attractivité économique du secteur ou encore de la salubrité des logements, certains postes de gradés ne sont plus honorés de longue date.

Ces trous à l’emploi pénalisent les gendarmes car il leur revient d’assumer à effectif réduit la même charge de travail. Ceci pesant de fait sur le moral. C’est également un déficit en matière d’encadrement et d’expérience au sein de l’unité dont le préjudice se fait ressentir à tous les niveaux.

Les solutions étudiées par la DGGN

Afin de remédier à la situation trois solutions ont été envisagées :

1. mutation contrainte dans le cadre de l’avancement (abandonnée car à contre courant des tendances et aspirations actuelles) ;
2. indemnisation financière (abandonnée pour des raisons budgétaires) ;
3. faire appel aux chefs (TA) ou adjudants d’autres Armées.

Dans le projet actuel il serait question de confier le commandement des brigades concernées à des gradés « venus d’ailleurs », après formation en ESOG et passage de l’OPJ suivant le modèle de l’AVP.

L’impact prévisible

Pour GendXXI, le recours à ce type de recrutement n’est pas viable et risque, une fois de plus de dévaloriser le grade d’adjudant, réduire la fonction de commandant de brigade à celle de chef de poste et pénaliser d’avantage l’avancement par la voie titre.

Quid de ces adjudants, passée leur période de vache maigre (5ans), qui rejoindraient alors le circuit normal de l’avancement et des mutations ?

Quid de ces militaires corrigeant les procédures d’autres militaires plus anciens et expérimentés, quand eux-mêmes ne savent pas ce qu’est le CAT et n’ont jamais pris une garde à vue ?

Quid de ces extra-terrestres devant du jour au lendemain assimiler nos usages bien particuliers, comprendre toute la complexité d’un service, la subtilité d’une circonscription et la responsabilité de la gestion des relations humaines (élus, responsables locaux, subalternes, …) ?

N’avons-nous pas dans nos rangs la ressource nécessaire ? Certainement oui ! La contractualisation des postes est une solution possible. Un gagnant-gagnant pour les militaires et l’institution.

L’attractivité du métier

Autant faut-il comprendre que l’évolution des hommes et femmes de notre institution suit l’évolution de la société en général. La Gendarmerie doit elle aussi changer et penser en terme d’attractivité.

Car c’est une fois de plus l’attractivité du métier qui revient derrière ces questions. Face à une société civile concurrentielle en termes de libertés (statut du militaire), de rémunération (pouvoir d’achat) et de loisirs (temps et conditions de travail), la Gendarmerie est face un grand défi.

Faire appel à des ressources extérieures, à la manière des briseurs de grèves, ne réglera en rien ce problème et risque d’être très mal perçu par la base.